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Citation de la semaine 35

  • Photo du rédacteur: Grégoire Taconet
    Grégoire Taconet
  • 26 févr.
  • 3 min de lecture

Photo d'Edward Podvoll en noir et blanc, les bras croisés

"Dès que l'on se présente uniquement en thérapeute face à un autre être humain, on perd déjà la moitié de son humanité." Edward Podvoll


Quand j'étais en fac de psychologie, et pendant une partie bien plus longue que je ne voudrais l'admettre de ma formation de thérapeute, c'était pour moi une évidence que le·a psy devait prendre une distance assez hermétique avec ce qui ce déroule dans l'espace thérapeutique, afficher une bienveillance formelle qui n'a pour objet que d'optimiser le confort de la personne accompagnée, et n'avoir de préoccupations que purement techniques. Oui, j'ai trouvé le moyen de garder cette conviction tout en me formant à une approche dont les piliers sont l'écoute des émotions et la congruence!


En effet, une relation thérapeutique, ce n'est pas une relation amicale, n'est-ce pas? C'est sûr, les deux types de relations sont très distincts! Et c'est une des raisons pour lesquelles l'affirmation que si l'approche repose sur l'écoute voir un·e psy c'est pareil que parler à un·e ami·e me fait sauter au plafond. Le·a psy ne va pas interrompre pour parler de lui ou d'elle (ou alors de façon très sélective), les échanges ont lieu spécifiquement pour parler des difficultés à travailler en thérapie, il n'y a pas lieu de se préoccuper de s'iel va approuver tel ou tel propos, et il y a un certain nombre de règles explicites et implicites qui constituent le cadre (en amitié aussi, il y a des règles implicites et implicites, mais précisément ce ne sont pas les mêmes!). Tout ça n'implique pas une neutralité émotionnelle, un manque d'implication humaine! Les problèmes, les souffrances des personnes accompagnées nous touchent. Un lien se crée pendant les séances. On voit par exemple dans le livre Guérir à deux voix que le thérapeute est des fois tout aussi secoué que sa cliente! Le professionnalisme ne consistera pas à ne pas ressentir d'émotions, à ne pas se sentir impliqué·e personnellement, mais à ne pas être débordé·e par lesdites émotions, à faire en sorte qu'elles soient au service de la thérapie, et que le niveau d'implication, défini par le cadre, soit au service de chacun·e (le·a thérapeute ne va pas recevoir d'appels à quatre heures du matin sinon iel va cramer, ne va pas dire au ou à la client·e que non là iel a passé une journée compliquée iel n'a pas envie d'entendre parler de ses problèmes, ...).


Mais ce manque de distance, est-ce que ce n'est pas un saut de l'ange vers le burn-out? Précisément, non! Certes, le sentiment d'impuissance, la confrontation à la souffrance, parfois à l'ingratitude, sont des facteurs de risque. Mais les moments de réussite, le bonheur de voir des personnes aller mieux, sont des facteurs de protection. Ce n'est pas tant une question de distance qu'une question d'équilibre. Le burn-out est un sujet à prendre très au sérieux, mais la distance émotionnelle n'en protège pas particulièrement. Ce qui en protège, c'est savoir se reposer autant que nécessaire et demander de l'aide (ce qui n'est pas toujours facile pour un·e thérapeute! les cordonniers, tout ça...), la supervision régulière, savoir s'entourer, savoir ce qui donne du sens à notre métier pour pouvoir s'en rendre compte quand ce sens est menacé... autant de perceptions profondes de la dimension, justement, humaine de cette activité!


Être humain·e et thérapeute, ce n'est pas une contradiction, c'est une articulation, chaque dimension est au service de l'autre.

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Grégoire Taconet Psychopraticien ACP

 

Membre de la FF2P et de l'AFP-ACP

Directeur de mémoire pour ACP France

Cabinet Via Sana

21 avenue Jean Jaurès

69007 Lyon

gtacp@orange.fr

0768457176

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Crédit photos : Donatien Gnackli ZEBI

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